Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau par Norman Doidge
Line Bellavance
Une amie d’origine américaine qui avait lu ce livre en version anglaise me
le conseilla, sachant que je suis atteinte de dystonie (Syndrome de Meige)
et que tout écrit qui touche au cerveau m’intéresse. Je l’ai acheté en
version française en 2008 alors que j’étais dans une phase de symptômes
encore amplifiés de l’état dystonique. Depuis, la dystonie qui m’affecte est
en régression.
J’ai rapidement identifié que mon état dystonique est dû à un déséquilibre
neurochimique et que toute utilisation de l’adrénaline amplifie les
symptômes. J’ai lu ce livre munie de ces certitudes issues de mon
expérience. Pour DYSTONIA LIVING MAGAZINE voici ce que j’estime que ce
livre, Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau, m’a apporté dans
mon autogestion de l’état dystonique (blépharospasme et spasmes
oro-mandibulaires).
D’abord, je suis toujours épatée du puissant et intègre travail de
communication offert par NORMAN DOIDGE qui a rendu accessible ces
informations sur le fonctionnement du cerveau. Puissant car alliant raison
et cœur dans l’écriture, tout en montrant avec clarté que la fameuse
neuroplasticité peut autant guérir que détruire, malmener les corps. Chapeau
bas à Norman Doidge pour cette intégrité.
Avant d’écrire ce résumé de lecture, je suis allée parcourir les opinions
générales sur ce livre qui est un BESTSELLER du New York Times. Tout comme
le laisse entendre le sous-titre francophone (comme d’ailleurs le sous-titre
anglophone) Guérir grâce à la neuroplasticité*, les éloges sont évidemment
axées sur l’effet positif de la neuroplasticité. Cependant, il est essentiel
de maintenir la conscience que la neuroplasticité négative est toute aussi
présente, voire plus encore, dans l’état dystonique.
Ce livre m’a apporté cette conscience accrue, je dirais, toujours à l’affût
de la neuroplasticité négative. Comme le dit si bien PASCUAL-LEONE, l’un des
médecins rencontrés par NORMAN DOIDGE, la neuroplasticité devient comparable
à des pistes creusées dans la neige par un skieur. Les pistes mentales qui
se créent dans le cerveau peuvent induire des habitudes, bonnes ou
mauvaises. Et comme c’est plus facile pour un skieur de glisser dans les
mêmes pistes… il faut prendre garde à les laisser se creuser davantage
lorsqu’elles nous sont nuisibles.

Ce livre a également nourri ma certitude qu’il m’est définitivement possible
de modifier profitablement ce qui est désorganisé par l’état dystonique. Et
depuis 2008, je vous assure que j’ai de nombreux exemples d’améliorations
qui, au début de mon investissement pour éroder les troubles dystoniques,
étaient d’un travail ardu pour subitement déboucher sur des améliorations
concrètes. Je ne vous donnerai que pour exemple le foutu blépharospasme que
je gère de 95 à 98% et ce, en ayant toujours refusé de recevoir du Botox
(toxine botulique). Je ne prends que 5 mg de Frisium par jour. J’ai très peu
de spasmes oculaires.
D’un point de vue humain, je dois ajouter que je m’émerveille de la passion
de l’auteur pour son sujet. Passion que nous pouvons reconnaître aux Notes
de références qui comptent pour environ le quart du livre. C’est comme si
cet homme avait toujours à ajouter, comme s’il ne parvenait pas à être
pleinement satisfait de ce qu’il a écrit, qu’il y a encore et encore à dire.
Sans fin ou presque. J’adore ce fealing d’infini que donne la double lecture
du livre et de ses Notes de références. Je vous conseille vivement de lire
avec deux signets : l’un pour le corps du livre et l’autre pour les Notes de
références.
Très attachant également, de le lire dans ses descriptions des êtres
rencontrés au fil de sa quête d’informations pour nous. De quelques mots, il
nous brosse des portraits comme ceux de Paul Bach-y-Rita, médecin
contestataire des dogmes établis au sujet d’un cerveau immuable ou de
Barbara Arrowsmith Young, une femme qualifiée « d’arriérée mentale » qui
découvre seule comment guérir d’une anomalie cérébrale puis démarre une
école pour accompagner enfants comme adultes qui ont des problèmes
d’apprentissage. Des exercices mentaux y sont privilégiés selon les
handicaps de chaque personne.
La critique qui rejoint le plus justement mes impressions de lecture de ce
livre est celle du CHICAGO TRIBUNE : Lucide et absolument fascinant. Ce
livre satisfait dans une égale mesure l’esprit et le cœur.
Line
Bellavance